Non, l’avortement n’est pas légal au Sénégal, sauf s’il s’agit de la seule manière de sauver la vie de la personne enceinte.
Selon le Code pénal sénégalais, l’avortement est criminalisé dans presque tous les cas, y compris en cas de viol, d’inceste ou de malformation grave du fœtus. La seule exception légale est lorsqu la poursuite de la grossesse mettrait en danger la vie de la personne enceinte, et même dans ce cas, trois médecins doivent approuver la procédure (articles 305 et 311) [1].
Ce cadre juridique très restrictif contredit l’article 14(2)(c) du Protocole de Maputo, que le Sénégal a ratifié en 2005. Cependant, le pays a émis une réserve à cette clause, refusant d’étendre l’accès à l’avortement aux cas d’agression sexuelle, d’inceste ou de danger pour la santé mentale ou physique [2].
En raison de ces restrictions, les services d’avortement sûrs sont presque entièrement inaccessibles par les voies formelles. De nombreuses femmes et filles se tournent vers des méthodes non sécurisées et non réglementées, entraînant des taux élevés de complications et de mortalité maternelle [3].