Criminaliser l’avortement est une forme de violence perpétrée à l’encontre des femmes

 

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Le 25 novembre marque la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes. Le 10 décembre, le monde célèbre la Journée des Droits Humains. Les défenseur·seuse·s des droits des femmes ont mobilisé le pouvoir de ces deux dates voisines pour créer les 16 jours d’activisme, une campagne internationale visant à mettre un terme aux violences subies chaque jour par les femmes et les filles du monde entier.

Soyons clairs: la criminalisation et la stigmatisation de l’avortement sont des formes de violence à l’égard des femmes et des filles. Ce sont des violations du droit humain d’accéder aux soins de santé qui compromettent gravement la sécurité et le bien-être de millions de femmes enceintes chaque année.

Pas totalement convaincu? Qu’en est-il des statistiques?

On estime à 56 millions le nombre d’avortements dans le monde chaque année. Cela se traduit par environ 1/4 grossesses. Il est incontestable que l’avortement est une pratique courante.

Et pourtant, près de la moitié de toutes ces interruptions se font de manière non sécurisée. Chaque année, 25 millions d’avortements sont pratiqués par des prestataires non formés ou dans des conditions insalubres qui menacent la santé et le bien-être des femmes enceintes.

Comment se peut-il qu’un service de santé si communément utilisé par les femmes du monde entier soit si mal géré?

Alors oui cette question était rhétorique car nous connaissons déjà la réponse: c’est parce qu’elles sont des femmes. Gloria Steinem a un jour déclaré: «Si les hommes pouvaient tomber enceintes, l’avortement serait un sacrement.» Nous ne pourrions pas être plus d’accord.

Mais nous nous éloignons là. Revenons à ces statistiques.

Vous vous demandez peut-être: «Si autant d’avortements se pratiquent dans le monde, pourquoi ne pas simplement l’interdire?» Nous répondons à cela par des recherches scientifiques. En effet, les lois restrictives sur l’avortement réduisent pas les taux d’avortement dans un pays. Au contraire, elles augmentent le nombre d’avortements à risque.

Prenons l’exemple de l’Amérique du Nord et de l’Europe occidentale. Ce sont les endroits où l’avortement est le plus accessible légalement. Ce sont également des régions du monde où les taux d’avortements à risque sont les plus faibles. En revanche, l’Asie centrale, l’Afrique et l’Amérique latine, où les lois sur l’avortement sont beaucoup plus restrictives, sont les trois régions du monde où les taux d’avortements pratiqués dans de mauvaises conditions sont les plus élevés.

Pour ces 16 jours d’activisme, HowToUse et safe2choose appellent à mettre fin à la criminalisation des soins de santé dispensés aux femmes. Nous exigeons une conversation sur l’avortement qui soit enracinée dans la recherche scientifique et exempte de stigmatisation. Au moins 22 800 femmes meurent chaque année parce qu’on leur a refusé l’accès à des options de santé reproductive complètes et sûres. Il est temps de mettre fin à cette violence.